Filippo Gaone, légende modeste.
:”Patrick Remy, un patron à l’ancienne”.



Du “vert et blanc” louvièreois au “noir et blanc” carolo, il n’y a que quelques kilomètres et une “petite” nuance chromique.
Filipo Gaone l’a franchie. Il est sponsor- via Tournesol, sa “jardinerie-animalerie” fort bien adaptée aux tendances du marché domestique- et, depuis un peu plus d’un an, dirigeant de l’Olympic de Charleroi, nouvelle version.
Celle de la fusion d’un club mythique et historique, l’Olympic et du club de Châtelet, à la trajectoire fulgurante.


La Coupe de Belgique décrochée, en 2003, quand il présidait la Raal ne suscite ni nostalgie, ni gloriole chez Filippo le “garden master”: “J’ai présidé la Raal de la nationale 3 à la D1 durant 16 ans. Je me souviens du bus impérial qui traversait La Louvière en liesse quand on a gagné la coupe. On avait toutefois grandi trop vite et on était devenu un mythe de réussite “small is beautiful”.
Avant le scandale qui a fait vaciller puis tomber le club louviérois. Filippo s’en est sorti mais meurtri: “C’est du passé”.
Son arrivée à l’Olympic de Charleroi, il la banalise: “C’est pour donner un “coup de mains”, à la demande de mon fils Michael, que je suis venu rejoindre Patrick Remy, un président à l’ancienne: humain, proche des joueurs, des gens, des partenaires. Il a su gravir tous les échelons de la P2 à la nationale 1 pour créer un club sain et familial”.
Sponsor, Filippo développe, avec les jardineries Tournesols, un concept performant: “Tournesols a réalisé un carton durant le confinement. Les Belges se sont découvert une âme de jardinier, d’agriculteur en herbe, adepte du circuit le plus court possible: on cultive et on consomme ce qu’on a cultivé”.
Président longue durée, il est proche de la méthode Remy: “C’est quelqu’un de fondamentalement bon. Il encourage et respecte les personnes du club. J’essaie d’apporter ma contribution en conseillant et en mettant la main à la pâte dans la dimension Horeca, notamment”.
Filippo se veut positif sur l’avenir: “La saison dernière était une spéciale: il fallait digérer la fusion. On a dressé un constat de ce qui a marché et moins bien marché pour améliorer chaque aspect de la gestion dans les détails. Nos projets et la gestion sportive sont innovants. Ils vont créer une dynamique enthousiaste à tous les échelons. J’aiderai de mon mieux Patrick et ceux qui sont actifs au club. On a pas mal d’atouts: deux stades, une histoire, une grande école de jeunes, une gestion saine, un président respecté, une structure qui se consolide”.
“Raviver la flamme Olympic” est le slogan à la mode à La Neuville: “On va se réinventer, en période covid, pour rester viable dans un football limité dans sa popularité et sa convivialité. Nos sponsors actuels et futurs vont apprécier notre plan de relance. Ils sont avec les supporters et les forces historiques du club, au centre de nos attentions”.




Alain Battard