Grand angle. “Quoi de neuf Dogueteur”?

Xavier Robert: “Retrouver nos marques et l’esprit de la coupe”.  

J-7 avant la reprise des entraînements des “grands”. Soulagement pour les uns, crainte sanitaire pour les autres. 
Dans ce contexte spécial, le “chief of staff” des Dogues fait le point sur les sujets chauds et tièdes.
Xavier Robert a posé ses valises à la Neuville depuis quelques mois à peine. 
Il y est impliqué et épanoui. Légitimé en Belgique par son titre historique gagné avec La Louvière en mars 2019, il pose sa griffe et son leadership pour faire progresser l’Olympic de Charleroi.

Xavier, la reprise des entraînements se profile. Soulagé?
X.R.: “
Envie de reprendre? Oui. Ce sera le 4 janvier à 18h.Soulagé ? Ce n’est pas vraiment le juste qualificatif. On a reçu le PDF des protocoles sanitaires. C’est très strict et donc rassurant pour la santé des joueurs qui seront testés régulièrement, presque chaque jour. On fera de notre mieux pour préserver le groupe des risques de contaminations en appliquant ces mesures drastiques et nécessaires“.

Confiant sur les perspectives de reprise de championnat?
X.R.: “Le retour du championnat est planifié pour la mi-février. J’espère que le contexte sanitaire restera favorable d’ici là. La période est compliquée car versatile. En France, les chiffres de contaminations et d’hospitalisations n’évoluent pas dans le bon sens. En Belgique, cela semble aller mieux. On va devoir jongler avec ces paramètres variables pour préparer, dans le calme,  notre match de coupe de début février“.

Une préparation écourtée…
X.R.: “
Une vraie course contre la montre. On aura 3 semaines pour se mettre en forme physique, retravailler les fondamentaux tactiques, affiner un plan de bataille et se créer, entre nous, un état d’esprit propice à la compétition. Une bonne nouvelle: on nous autorise à jouer des amicaux avant le match de coupe. Sans en faire de publicité. On en jouera 2. Cela nous permettra de gagner du rythme avant la réception de Zulte-Waregem, début février. Zulte-Waregem est un petit qui se débrouille plus que bien parmi les grands de Belgique. Ce sera un très grand pour le petit que nous sommes dans cette coupe de Belgique”.

Vos joueurs sont à l’arrêt depuis pas mal de temps ce qui n’a pas été le cas de Zulte. Mission impossible ?
X.R.: “
Mission compliquée certainement mais pas impossible. Il est clair que notre longue privation de compétition alors que Zulte-Waregem n’a jamais arrêté, plaide en leur faveur comme la différence de 2 divisions. Je ne loupe pas un match de Zulte pour me faire une juste idée de l’adversaire. Plusieurs raisons objectives dont notre mise au repos forcé depuis 3  mois, nous donnent battus d’avance. On n’aura toutefois rien à perdre et donc aucune pression négative. Le fait de pouvoir procéder à 5 changements nous permettra d’atténuer un peu le déficit de fraîcheur et de rythme qui nous sépare logiquement de notre premier adversaire en compétition officielle“.

L’état de forme de vos joueurs reste une inconnue …
X.R.:”
 Les joueurs ont été mis au chômage dès le second confinement. Ils n’avaient aucune obligation contractuelle à s’entraîner individuellement pour garder la forme. Je suis  néanmoins convaincu de leur sérieux. La mentalité présente dans le groupe depuis juin est réconfortante. Sur le plan de l’endurance, notre retard ne sera pas, je pense, énorme. La reprise du 4 janvier le confirmera ou l’infirmera”.

Parlons du championnat. Jouer pour la montée est-il envisageable ?
X.R.:
 “A partir du moment où l’on joue chaque match pour le gagner, tout est envisageable. Jouer un jour, en D1B, figure dans un coin de la tête des dirigeants. Le championnat me semble plus homogène et ouvert que celui de l’an dernier. Chaque équipe est capable de battre n’importe quelle autre sur base de ses critères spécifiques. La force athlétique pour les uns. La qualité technique pour d’autres. Une option tactique bien adaptée aux circonstances pour tous. La formule du championnat réduit de moitié rabat aussi les cartes“. 

A ce jour, on ne connait pas les contours du calendrier de fin de championnat…
X.R.: “
Si ce n’est que l’on ne jouera qu’un match sur deux. Il est aussi possible que plusieurs équipes de nationale 1 soient invités, à la fin de cette saison, à monter en D1B. On en saura plus bientôt sur le calendrier de la saison en cours ainsi que sur les “récompenses” de fin de compétition. On jouera pour terminer le plus haut possible au classement sans se poser de questions sur ce qui se passe et décide en coulisses“.

La formule d’un championnat divisé par deux n’est pas à votre goût.
X.R.: “
Ni de celui de la plupart des entraîneurs de la division qui auraient préféré jouer un championnat complet et au finish. Douze matches à jouer avec un effectif large comme celui de la plupart des équipes de nationale 1, sera compliqué à gérer au niveau humain. Les jeunes auront aussi moins de chances de jouer. Cela va changer la donne au niveau du plan de jeu également. Celui que l’on devait faire évoluer sur base d’une saison de 10 mois va être simplifié pour une saison de quelques mois à peine. La dimension mentale sera importante dans ce championnat rétréci au lavage. Chaque match sera presque un match de coupe“.

Vous êtes épanoui chez les Dogues ?
X.R.: “
Pour plusieurs raisons. La primauté accordée à l’humain par le président Patrick Remy et son équipe nous permet de travailler sérieusement et sereinement. Le contact que j’entretiens avec les supporters est réconfortant. On ressent, chez eux, le socle historique qui donne un cachet puissant au label “Olympic”. Cela donne envie de donner le meilleur de ses capacités. La mentalité dans le groupe est branchée sur le collectif.  Mohamed Dahmane avait invité les joueurs à une “visio”, un dimanche soir. Il n’y avait pas un absent. C’est plus qu’un signe. L’équipe dirigeante affiche, enfin, sa présence, son unité et sa volonté de faire évoluer le club dans tous les secteurs“.

Les leaders montrent aussi l’exemple…
X.R. “
Chaque équipe a besoin de repères pour affirmer son identité. Laurent Castellana est, depuis la reprise des entraînements, exemplaire d’assiduité et d’implication. Il a perdu pas mal de kilos. Il affirme son leadership positif sur le terrain et dans le vestiaire. S’il est capitaine, ce n’est pas par habitude. Je l’ai choisi pour ce qu’il  apporte en bon esprit de groupe et comme compétiteur“.

Medhi Kaïda et les autres Carolos sont dans le même registre… 
X.R. “Mehdi est complètement impliqué dans les combats de la nationale 1. Son sérieux en semaine et son engagement en match montrent la bonne voie à suivre. Aymerick Thibaut n’a pas eu beaucoup de temps de jeu sans que cela n’altère son esprit clubman. Je sais que, le moment venu, il répondra présent avec une détermination sans faille. Tanguy Moriconi, enfin, incarne un grand professionnalisme. Son entente avec Ulric Cremers, son concurrent direct, les poussent à donner le meilleur d’eux-mêmes. Tanguy est une icône du club. Il sait que cela ne suffit pas à obtenir une titularisation d’office. Il a capté le message et cherche toujours à progresser. La bonne mentalité n’est pas que l’affaire des quelques joueurs dont on vient de parler. Elle est globalement intégrée par tous dans les valeurs du travail, de l’humilité et de l’implication”.

Vos occupations olympiennes ne concernent pas que l’équipe 1 ?
X.R. “
Un club, c’est un projet qui concerne l’ensemble des joueurs et encadrants, du haut en bas de la pyramide. J’ai beaucoup d’échanges avec Bernard Gaspard à propos du centre de formation et de son évolution. On sait qu’en cas de montée, le centre de formation passera en version élite. Cela se prépare longtemps à l’avance. La direction technique du centre de formation en est consciente et est à la page. Elle anticipe les changements potentiels”. 

“Act, don’t react” disent les Anglais. Et en la matière, ils ont souvent eu raison…