J-1. Match amical, à huis clos strict, contre la Raal. La Neuville (19 heures).

Laurent Castellana: “Une étape importante avant la coupe de Belgique”.

Cela fait 8 ans que Laurent Castellana fait partie du “PRJ” (Patrick Remy’s Project) comme on dit,  dans les milieux branchés du foot. 

Il a, avec Châtelet, connu 3 montées pour passer de la P1 à la nationale 1.  
Devenu, par le biais de la fusion, le capitaine “choisi” de l’Olympic de Charleroi, il est le sujet du “Grand angle” de la semaine.
Un “Grand angle” publié à j-1 d’un rendez-vous important pour l’équipe 1: le retour à la compétition amicale face aux voisins de la Raal.
Parfum de nostalgie des ex-derbies de D3 qui faisaient stade comble dans les années 80 -90.
Cette fois, le parfum aura la saveur moins sexy du huis clos.

Laurent, ceux qui vous ont connus, ces dernières années, disent que vous avez changé dans votre vie de joueur. Info ou intox?
L.C. : “
Pas faux. J’ai toujours été compétiteur et je le suis resté. J’ai  changé l’approche de ma préparation visible et invisible pour correspondre aux critères édictés par Xavier Robert. Physiquement, d’abord, pour absorber les charges de travail et de courses qui correspondent à la philosophie de notre jeu. Le jeu, parlons-en. J’ai dû l’adapter aussi. Plus question de balancer devant. On joue au sol , à partir de derrière , le plus souvent possible“.

C’est quoi, en quelques mots, la griffe Xavier Robert ?
L.C.: “
Ce que je vous ai dit juste avant plus de la vitesse sur les côtés, du pressing et des attaques placées au bon moment. Tout cela passe par une condition physique optimale, une meilleure maîtrise du ballon et une exigence technique relevée. Ce foot se travaille dans l’exigence et la concentration à chaque séance“.

Vous êtes le dernier “Mohican” de l’équipe “d’origine” du Châtelet de Patrick Remy
L.C. : “
Cela fait 8 ans que l’on collabore et cela a souvent été dans le positif. C’est une “personne en or” et  un président qui rassure et assure tant au niveau humain que dans la gestion. On a vécu ensemble pas mal de batailles. On les a souvent gagnées. Je ne suis pas le seul ancien du projet Olympic. On a additionné nos compétences sportives en fusionnant. Aymerick Thibaut est plus “historique” que moi de par sa longévité chez les Dogues. Tanguy Moriconi  et El Mehdi Khaida sont aussi des fidèles serviteurs du club”.

La recette de la réussite de Patrick Remy dans le foot?
L.C.: “
La simplicité dans l’harmonie. Quand il y a problème, on en parle et il fait en sorte, par son volontarisme et son charisme, de trouver la meilleure solution pour tous. Il essaie de rendre tout le monde heureux, ce qui stimule les bonnes valeurs et énergies au sein du club“.

Demain, vous jouez contre la Raal. Des appréhensions?
L.C.: “
Non. On a joué une opposition en interne, vendredi dernier. Cela s’est bien passé pour certains et moins bien pour d’autres. C’est la logique d’une reprise d’activité après des mois d’absence. Le match de ce mercredi sera une étape intéressante vers une cohésion tactique à retrouver avant de jouer Zulte-Waregem, début février“.

Zulte, lui, n’a jamais arrêté la compétition. Mission impossible ?
L.C.: “
Si on a repris tôt en janvier et que l’on s’est bien entretenu individuellement, c’est pour défendre notre chance, même minime, de réaliser l’exploit. Zulte-Waregem est redevenu performant deux divisions au-dessus du notre série. Ce  sera très dur. On n’a pas peur. On affichera nos valeurs“.

Le foot en version Covid, ce n’est pas trop compliqué ?
L.C.: “
Ca va. On est testé 2 x par semaine. JP Bastin a bien coordonné l’affaire. On a les résultats de suite. En fonction, on détermine qui “reste au château” et qui doit le quitter. Le groupe respecte les règles de précaution. Pour l’instant, tout le monde est négatif. Pourvu que cela dure“.

Vous avez aussi participé au “Dogueton” dans le cadre du “Village solidaire”…
L.C.: “
On me l’a demandé. J’ai répondu “dispo”.  Medhi Khaida et moi sommes allés distribuer, avec les Asbl auxquelles nous étions associés (ndlr: “Bouge” et “La faim du mois”), les jouets, vêtements et colis alimentaires collectés auprès de nos supporters et membres du club. C’est bon pour l’image de l’Olympic et notre karma de contribuer, en tout temps, à l’assistance des personnes en situation précaire. C’est encore plus essentiel dans cette période qui fait de gros dégâts sur le plan social et économique. L’Olympic a écrit “générosité-solidarité” en grand dans ses actions envers la communauté. Ce sera un fil rouge permanent“. 

Xavier Robert vous a choisi comme capitaine pour des critères précis.
L.C.: “
J’ai lu. Cela fait plaisir. Le brassard n’est pas un gadget mais un honneur qui se mérite par un comportement approprié. Le coach m’avait demandé de faire des efforts dans plusieurs domaines. Notamment sur mon poids de forme. J’ai respecté la plupart de ses souhaits et je m’en porte mieux“.

Capitaine “grande gueule” ou discret?
L.C.: “
Quand on est sur le terrain, j’essaie toujours d’encourager, de motiver. Dans le vestiaire, je suis plus discret. Peut-être trop. Je devrais m’affirmer plus dans mon rôle hors-terrain. Je vais y penser en 2021“.

Certains adversaires se plaignent parfois de votre tendance à l’intox…
L.C.: “
Ah bon? J’en suis étonné. Si je sais faire sortir un joueur de son match tout en restant dans les clous des règles du jeu, c’est bon pour l’équipe. Ça marche avec certains et moins bien avec d’autres. Un duel, c’est à la fois un combat physique et psychologique“.

Monter en D1B, cela vous parle quand vous vous “rasez” le matin ?
L.C.: “
On est juste des compétiteurs. On fera le maximum à chaque match pour terminer le plus haut possible et qui sait, rentrer dans les critères de désignation des montants. A ce jour, ils restent flous. Si cela devait arriver sportivement, je suis convaincu que le club se trouverait les moyens humains et financiers pour s’adapter aux exigences de la D1B“.

Votre meilleur souvenir sous l’ère Patrick Rémy…
L.C.: “
La montée en nationale 1. La fête avait été folle et la saison impressionnante dans la cohésion des hommes de terrain et de coulisses. L’esprit de famille et notre mental avaient été décisifs pour émerger“.

Une invitation à reproduire, dès la reprise des compétitions, le même modèle de réussite?