« Je repense souvent aux moments passés en Belgique »

Ce week-end, l’Olympic affronte Sprimont en Coupe de Belgique. L’occasion de se plonger dans les souvenirs des Dogues et de prendre des nouvelles de Karim Rouani. Arrivé à l’été 2007 alors que l’Olympic retrouvait la division 2, l’attaquant a porté les couleurs du club durant une saison et demie. Il était passé l’année précédente par Sprimont où il avait fait étalage de son efficacité devant le but. Chez les Dogues, le joueur a laissé le souvenir d’un attaquant costaud et combatif, adepte de puissantes chevauchées. Un de ses buts conserve une saveur intacte : celui inscrit le 15 août 2007 dans une confrontation face à l’Antwerp en ouverture de la saison, rencontre remportée 2 à 1. Ce soir-là, en quittant le stade, de vieux supporters avaient les yeux rouges et étaient animés d’une joie enfantine…

Interview

Tu es originaire de la région de Bordeaux. Comment es-tu un jour arrivé à Sprimont ? 

J’avais suivi un ami venu jouer en Belgique. J’ai eu l’occasion alors d’effectuer un test à Sprimont qui, comme l’Olympic cette année-là, évoluait en division 3. J’ai joué deux rencontres d’affilée et j’ai convaincu les dirigeants qui m’ont fait une proposition. Ce fut le début d’une belle aventure puisque j’ai marqué durant cette saison-là (2006-2007) 16 buts de mémoire. 

Après cette belle saison, tu t’es engagé avec l’Olympic, qui venait quelques semaines plus tôt de retrouver la division 2. Comment cela s’est fait ?

Avant de signer à l’Olympic, j’ai eu des contacts avec des clubs de première division. Notamment avec Zulte-Waregem ou encore avec le Cercle de Bruges. Mais finalement cela ne s’est pas fait. J’ai reçu ensuite la proposition de l’Olympic. Et comme je ne souhaitais pas tarder avant de m’engager avec une équipe, je l’ai acceptée rapidement. J’avais gardé, il faut le dire, un très bon souvenir du match que j’avais disputé quelques mois plus tôt à la Neuville avec Sprimont. 

Les supporters de l’Olympic gardent en mémoire un de tes buts en particulier : celui face à l’Antwerp, dans le stade du Pays de Charleroi, en ouverture de la saison 2007-2008. Te souviens-tu de ce match ? 

Ce match face à l’Antwerp est pour moi un excellent souvenir bien sûr. L’équipe sortait d’une excellente préparation ; personnellement, je me sentais au mieux physiquement. Et ce soir-là, le groupe a livré un très bon match vraiment pour finalement l’emporter 2-1 face à cette équipe réputée de l’Antwerp. 

Te souviens-tu plus précisément de ce but qui a fait tant plaisir aux supporters ?

Oui. Je me souviens de ce but : Niangbo frappe, le gardien relâche et j’arrive des seize mètres pour mettre la balle au fond.

Cette année-là, l’Olympic a réalisé le début de saison parfait en remportant ses trois premiers matches face à l’Antwerp, l’Union et Waasland. A la mi-septembre, après Namur, Geel a été réintégré à la série et le calendrier a été refondu. Pour l’Olympic, cela a notamment signifié rejouer face à l’Antwerp un peu plus de cinq semaines après la victoire de la mi-août. Quoi qu’il en soit, l’équipe a arraché le nul à Anvers (1-1) et tu as de nouveau marqué…

C’est de nouveau un très bon souvenir. Il y avait beaucoup de monde autour du terrain ce soir-là, l’ambiance était chaude dans le stade. Malheureusement, pas très longtemps après ce match, j’ai commencé à ressentir une douleur aux adducteurs. J’ai joué plusieurs matches sous infiltration en étant fort diminué et en ne pouvant plus vraiment frapper du pied gauche comme je l’aurais voulu. J’ai arrêté durant un mois mais la douleur est tout de même réapparue et finalement je me suis même occasionné une déchirure. Autrement dit, après une très bonne entame de saison, deux premiers mois où les choses se sont passées parfaitement, des problèmes physiques ont gâché la suite. Et c’est un de mes grands regrets dans mon histoire avec l’Olympic. A l’époque, les supporters ne savaient pas forcément tout cela. 

Au terme de cette saison 2007-2008, l’Olympic s’est maintenue en division 2 non sans s’être occasionné quelques frayeurs par moments. Et toi, tu es finalement resté pour une seconde saison.

Oui mais je devais partir à Liège durant l’été. Cela ne s’est finalement pas fait. Un peu plus tôt, j’étais aussi allé passer des tests en Angleterre et, à un moment, il avait été question d’un transfert là-bas dans un club de League One. Finalement, je suis resté à l’Olympic. Mais, avec Daniel Ost, l’entraineur de l’époque, le courant ne passait plus très bien. Ce n’était pas sa faute pour autant. En décembre, j’ai décidé de quitter le club et de rejoindre l’Olympique Safi en division 1 marocaine. 

Justement, quel a été ton parcours depuis ton départ de Charleroi ?

J’ai joué six mois au Maroc. Puis, je suis parti en deuxième division portugaise au sein du club de Chaves, formation avec laquelle j’ai joué la finale de la Coupe du Portugal contre le FC Porto. Ensuite, je suis allé en Hongrie au Budapest Honved, en Malaisie, en Thaïlande et en Allemagne au Stuttgarter Kickers. Dans ce dernier club, malheureusement, je me suis rapidement blessé au genou et j’ai décidé de rentrer en France. C’était en 2015. J’ai alors joué au foot en salle dans un club de division 2. Aujourd’hui, je joue toujours un peu. J’évolue dans le club de Pessac-Alouette (régionale 2). On vient d’enchainer deux montées successives et à titre personnel j’ai encore marqué une trentaine puis une vingtaine de buts. 

Qu’est-ce que ton passage en Belgique représente dans ta carrière ?

Je garde vraiment d’excellents souvenirs de l’Olympic comme de Sprimont. La Belgique fut ma première destination en tant que joueur, c’est pour jouer là-bas que la première fois j’ai quitté ma famille. J’y ai croisé de très bonnes personnes. A l’Olympic, je pense aux joueurs ivoiriens, à Frédéric Stilmant, à Samba Diawara, à Nicolas Flammini, à Manory Delferriere, à Kevin Nieus, … L’accueil fut en tout cas très chaleureux, on était comme une famille avec des joueurs venant de partout et des bénévoles très dévoués. Le fait de partager la même langue a sans doute joué aussi dans mon ressenti. Dans d’autres clubs par la suite, ce fut parfois plus compliqué. Y arriver en tant que joueur étranger a parfois signifié devoir supporter beaucoup d’attentes et de pression. Dans ces conditions, une blessure est parfois catastrophique… Non vraiment je garde énormément de souvenirs positifs de l’Olympic mais de Sprimont aussi. Et comme je suis quelqu’un de très nostalgique, je repense souvent à tous ces moments. 

Est-ce que tu suis encore un peu l’actualité de l’Olympic ?

Oui, je suis l’actualité du club sur Facebook. J’ai vu que Mohamed Dahmane était arrivé. Lorsqu’en 2007, l’Olympic avait affronté Genk en Coupe de Belgique, j’avais récupéré son maillot. A l’époque, on avait le même agent. Au-delà de cela, je suis optimiste pour l’Olympic. Je vois que cela se développe bien. Et je souhaite le meilleur à l’équipe pour les années à venir. Pour ce week-end et la confrontation face à Sprimont, je dirais tout simplement : « Que le meilleur gagne ! »