Patrick Remy m’a dit…”Stopper la compétition était la moins mauvaise des options”.

Patrick, le match reporté contre Liège puis le stop des compétitions, vous en pensez quoi?

P.R.: ” La nationale 1, dans laquelle nous nous trouvons, est qualifiée de série hybride. Les clubs francophones  qui s’y trouvent ne sont plus dans le giron de l’Acff mais pas encore dans la “famille” du foot pro. Une situation bien belge et indigne. Elle n’émeut pas vraiment, ni à la fédé, ni chez les politiques. Les différentes fédérations  qui gèrent le foot belge ont “oublié” de nous accorder un vrai statut mais pas de nous envoyer les factures pour les “services rendus”. Monsieur Daems fait son maximum pour essayer de représenter au mieux nos intérêts. Les clubs de nationale 1 ont pris leur sort entre leurs mains. On n’est jamais mieux servi que par soi-même “.

 Vous vivez plutôt mal ce statut…

P.R.: “Il y a de quoi. La nationale 1 doit se concerter pour créer son propre fonctionnement dans des situations atypiques comme le Covid. En nationale 1, un cas suffit pour faire reporter un match. Dans le foot pro (D1 A et B), il faut beaucoup plus de cas pour décréter un report. Cela manque d’unité d’action et de cohérence. Il faudrait que les instances prennent une position claire et réfléchie pour le foot pro et pour le foot amateur. Il est aussi temps de décider, une fois pour toute, de  caser les clubs de notre série, dans un “monde bien cadré”. En attendant, les clubs de nationale 1 ont agi, en bloc,  pour demander le stop des activités. Et ils ont été entendus mais …pas assez. Un stop de 3 semaines est insuffisant”.

Pour quelles raisons?


P.R.: “Depuis le début de saison, le championnat est faussé. Aucune journée ne s’est jouée normalement. Les clubs souffrent d’un déficit de recettes guichet, buvette, Horeca et sponsoring.  En résumé, le club subit des coûts fixes sans pouvoir générer de recettes suffisantes. Alors, il vaut mieux stopper, le temps que la pandémie adopte une courbe descendante. Si j’en crois les avis des experts, il faudra deux mois, au bas mot pour que les stats des contaminations retombent au niveau acceptable de celles de l’été. Si on fait preuve de discipline collective, reprendre début janvier, si un public suffisant et l’Horeca sont permis, serait un bon timing. On profiterait de ce  “temps mort” pour analyser les mesures structurelles à, mettre en place, en collaboration avec la fédération et l’état belge, pour éviter un désastre. Abroger les frais fédéraux, durant les périodes de non-activité, par exemple. Ou, côté gouvernement, suspendre, pour la suite de la saison, les charges sociales sur les salaires des clubs hybrides. En nationale 1, la plupart des clubs ont tout un effectif sous contrat, sans avoir les droits télé des clubs dits pro de D1 A ou B. Ce seraient des gestes simples plus forts et concrets que les “tweets” et déclarations d’intention sans suite”.

La situation des clubs sportifs est-elle critique?

P.R.:”Si on ne fait rien, en tout cas, elle va le devenir vite. J’ai la chance dans mon secteur, la distribution des fruits et légumes, de ne pas subir, au contraire, les effets de la crise sanitaire. Par contre, les secteurs sportif et culturel ont souffert, depuis mars, souffrent et vont souffrir de cette crise. On a déversé des tas d’aide, à la criée, pour certains secteurs de l’économie et c’est normal pour limiter la casse. Par contre, d’autres secteurs importants de l’économie, comme les deux précités, ont été “oubliés”. Ce n’est ni juste, ni rationnel. Il serait logique que l’on pense à un plan Marshall pour que les secteurs sportifs et culturels survivent au tsunami qu’ils subissent. Ce ne serait pas une assistance mais un juste retour des choses. Une étude fouillée d’un sociologue économiste, l’avait  démontré. La pratique sportive était, en terme de perception de charges sociales, tva, taxes diverses et accises, un des si pas le plus gros “sponsor” de l’état. Il suffit de comptabiliser ce que chaque ménage, sportif  ou club sportif dépense, pour voir, faire, suivre ou organiser du sport, en terme d’équipement, essence, consommations “drink and food”, tickets d’entrée, frais énergétiques, de construction et de salaires. Sans compter l’impact essentiel sur la sociabilité et la santé”. 

Le club est-il en panne?

P.R. “De match mais pas de projets. Notre “Dogue business club”, une de nos innovations de notre stratégie “be to be”,  est dans les starting block. Il sera effectif dès que le présentiel en lieu fermé, sera permis. Nous allons lancer la première action de notre “community management”. Elle va activer notre générosité collective au profit des personnes en difficulté. L’ensemble des anciens joueurs et dirigeants vont être invités à se fédérer dans un concept dynamique. Ceux qui sont revenus au stade, depuis août, sont enthousiastes à cette idée. Un repas de gala est programmé pour la fin de la saison comme un tournoi auxquels les partenaires combineront foot et relationnel. Les actions prévues pour positiver l’image du club et améliorer le services aux partenaires sont bien calées. On reste actif et optimiste”.