Grand Angle. Mohamed Dahmane : “Patrick Remy a redonné le goût d’une belle aventure”.

Fit, épanoui, Mohamed Dahmane assume sereinement sa double casquette de joueur et directeur sportif.  Son implication à l’Olympic est totale. Son plaisir de jouer et d’harmoniser la vie d’un groupe est revenu au zénith.”Momo” intègre sa joie olympienne, avec pondération et sans langue de bois, dans un exercice de communication optimiste à l’attention de la “Doguesphère”. 
Une interview “grand angle”.

Mohamed, votre sentiment sur la crise sanitaire?
“M.D.: “La priorité sanitaire et ses restrictions s’imposent avant toute autre considération. Le monde du sport souffre économiquement et humainement. La fédération envisage de redémarrer le championnat en février. Ce serait une forme de libération pour les sportifs et supporters“.

La formule d’un championnat, amputé de la moitié de ses matches, adoptée par le groupement de la nationale 1,  vous agrée moins.
M.D: “
En effet. Patrick Rémy et le staff sportif étions en phase sur une autre solution qui nous semblait  de bon sens: faire redémarrer le championnat dès que l’on pouvait pour le mener à son terme jusque juin. Beaucoup d’ arguments objectifs plaident pour cette formule. Sa simplicité à l’expliquer, son équité sportive et le respect des supporters qui ont payé pour un abonnement de 15 matches. Le bon exemple vient souvent d’en haut. Les championnats des 4 grandes nations de foot en Europe (Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne) arrêtés par le premier confinement du printemps, s’étaient achevés, en jouant la totalité des matches durant l’été. Au plus simple“.

Le “championnat au finish” qui avait votre préférence vous aurait aussi mieux permis de gérer votre effectif… 
M.D.: “
La dimension médiane des noyaux des clubs nationale 1 est suffisante pour une rotation des effectifs intelligente, dans une formule de 26 matches qu’il aurait fallu jouer en 4 mois et demi. Ce n’est pas surhumain de jouer tous les week-end et un mercredi par mois. Les jeunes formés aux clubs auraient eu statistiquement plus de chances de jouer dans un tempo de matches très soutenu. L’essentiel des matches, dans la formule au finish, se seraient joués majoritairement au printemps, ce qui est plus agréable pour les joueurs, les spectateurs, les partenaires, les recettes“. 

Et pourtant, c’est une autre logique qui l’a emporté.
M.D.” 
Oui, celle d’un championnat diminué de la moitié des matches. Il va nous en rester 12 à jouer, à partir de février. Dont 6 à la maison. Tout n’est pas à jeter dans cette formule. L’enjeu sera souvent “couperet”, pour le haut ou le bas de classement, à chaque match. L’intensité sera boostée à chaque rendez-vous. Par contre, la gestion humaine d’un noyau  large, la qualité de vie des joueurs et le plaisir des supporters n’ont pas, à mon sens,  été assez pris en compte. Il aurait, sans doute, fallu, associer, à la table du groupe de travail, plus de cadres ou dirigeants ayant la fibre sportive et le vécu du vestiaire“.

Mais encore…
M.D.: “
Allez expliquer à des joueurs qui viennent pour 30 matchs qu’ils vont en jouer la moitié et se priver de 50% des primes jouables après avoir déjà subi un chômage économique. Les abonnés sont aussi perdants. Avec une formule de 12 matches résiduels, un effectif de 28 joueurs se justifie moins surtout dans une conjoncture économique compliquée par la crise sanitaire. L’intégration des jeunes, prévue en gras, dans notre projet, était assurée  avec un championnat plein. Elle est moins évidente à appliquer avec la “solution 50%”. Le staff fera preuve d’empathie et de psychologie pour maintenir chacun en éveil”.

Parlons de la coupe et du match contre Zulte-Waregem qui se jouera à La Neuville début février. 
M.D.: “
Il y a 15 jours, on voulait imposer aux équipes amateurs encore qualifiées pour la coupe de Belgique, de jouer début janvier alors que …le gouvernement belge interdisait tout entraînement pour le foot de notre niveau, avant le 15 janvier. Finalement, un consensus est intervenu pour jouer début février. On n’aura que quelques semaines de préparation dans les jambes alors que Zulte-Waregem n’a jamais été mis à l’arrêt en championnat. On fera de notre mieux“.

Serez-vous prêt physiquement ?
M.D.: “
Sur le plan foncier, je suis confiant. Des plans d’entretien de forme ont été mis à disposition, des joueurs par Xavier Robert et le préparateur physique Mike. Par contre, on sera, en raison de la longue absence de matches et d’entraînements avec ballon, logiquement en dette de rythme. Notre force collective et de caractère devra compenser un maximum. En jouant chez nous, avec ou sans supporters, on aura le  devoir d’honorer “La Neuville”, par un comportement irréprochable“. 

Vous retrouverez Franky Dury, un coach que vous avez souvent rencontrés comme adversaire, lors de vos années passées à Bruges et Mons. 
M.D.:
Monsieur Dury est l’Arsène Wenger de Zulte“, l’inspirateur du projet sportif et l’âme du club. Sur le banc, il ne fait pas beaucoup de bruit mais souvent les bons choix. Il gère très humainement et avec efficacité, les rares crises de baisse de compétitivité de son équipe. Zulte est un club stable. Le challenge de les jouer est un honneur, un challenge excitant“.

On vous sent épanoui à l’Olympic ?
M.D.: “
De fait. Les conditions sont correctes sur le plan des infrastructures et de la gestion administrative. Patrick Remy a validé mes propositions de renforts sportifs et de coulisses. Le club progresse. Il a l’humilité et l’ambition de vouloir faire mieux là où c’était simplement bien ou moyen. Le site d’entraînement de Marchienne va subir un premier lifting essentiel. Charleroi est une ville de sport. Son Bourgmestre, Mr Magnette est jeune, dynamique et un des personnages politiques les plus influents de Belgique. Karim Chaïbaï, l’Echevin des sports est un ex-sportif de haut niveau, toujours sur le terrain et proche des besoins des sportifs. Le projet de la Ville de dynamiser le “sport pour tous” par des aménagements de zones “sports de rue” est remarquable. Les aménagements futurs envisagés, tant à la Neuville que sur le site de Marchienne sont encourageants“. 

L’optimisme reste de mise malgré les difficultés du moment.
M.D.: “Patrick Remy
 et son équipe ont redonné le goût d’une belle aventure à tout un club au passé historique. Celle d’un projet à mener à bien. Je lui ai promis de tout faire, à mon niveau,  pour amener le club en D1B . Patrick met le supporter et les partenaires au centre de son projet, crée la bonne ambiance, tout en exigeant un esprit de compétition. Son rayonnement va du bénévole à la sphère économique du club. C’est un vrai passionné qui a su redonner l’envie de venir au foot à une personnalité du format de Filippo Gaone.  Akif Arikan rend aussi  des services discrets et importants en coulisses. Au moment de reprendre la compétition,  chaque joueur saura précisément comment renvoyer l’ascenseur“.