Le “taf” du staff.

Carl Dufour: “Patrick Remy et Jean-Claude Olio ont sublimé mon vécu-foot”.

Carl Dufour, le kiné des Dogues,  a plus de “trente ans de vestiaires”.
Il les a passés sous les maillots de l’Olympic (16 ans en deux épisodes), du Sporting (2004-2013) et de Châtelet (2013 -2019) avant de signer un retour aux sources olympiennes avec la fusion entre Chatelet et l’ Olympic. Une boucle pas encore bouclée.

Dans les 3 clubs, il a connu des montées et parfois des descentes (à l’Olympic et au Sporting).Il fait partie avec JP Bastin, Bernard Gaspard, Fred Bourguignon, “capi” Castellana et Quentin Vanderbecq,  de la garde fidèle et rapprochée du président Rémy.

Interview et portrait “flash” d’un homme de l’ombre passionné de foot et de son métier.

Votre 3 moments d’émotions fortes à l’Olympic ?
C.D.: “Le fameux match de Coupe de Belgique gagné contre le Sporting dans un stade archi-comble. La montée en D2 avec André Colasse comme coach.
Notre exploit historique contre Zulte-Waregem cette saison. C’était une D1, en top forme en déplacement. On avait été arrêté 3 mois par la covid. On a gagné à la régulière sans réellement souffrir grâce à notre occupation de terrain et la confiance que tout le monde avait su s’apporter. Xavier Robert en premier. C’est réellement un exploit hors-norme qui arrive tous les 15 ans”.

Les coups de cœur de votre vécu-foot?
C.D.: “Ils concernent deux personnalités fortes et différentes. Patrick Remy avec qui j’ai connu  3 montées avec Châtelet avant de le suivre à l’Olympic. Jean-Claude Olio que j’ai connu lors de mon premier passage à l’Olympic. Ils ont sublimé mon vécu dans le monde du foot”.

Patrick Remy vous a remis dans le circuit juste après votre passage au Sporting de Charleroi.
C.D.: “
J’avais connu l’ère d’Abbas BayatPatrick Remy m’a  invité à la fabuleuse aventure de Châtelet. En 2013, on était en P1. 5 ans plus tard, on était en nationale 1. Une belle  histoire qui se poursuit avec  l’Olympic, mon club de cœur.

Jean-Claude Olio, le président de vos débuts…
 C.D.: “
J’en retiens son rayonnement et sa distinction en toutes circonstances. Après chaque match, les joueurs devaient d’abord repasser à la réception des dirigeants. Jean-Claude avait une conversation courte avec chaque joueur. Pas pour parler de foot mais de la vie. Dans le regard et la poignée de mains, chaque joueur savait toutefois si Mister Olio était content ou pas de la prestation.
Sa phrase d’accueil “Bienvenue dans un monde de putes”, en 1990, lors de la signature de ma première affiliation, m’avait, dans un premier temps, surpris. Avec le recul , elle campe bien le milieu. J’ai toutefois eu la chance de fréquenter des gens bien et Jean-Claude en faisait partie “.

Châtelet, une autre aventure, une autre méthode.” Et Patrick Remy un autre grand président. Quand il dit, il fait. Me concernant, il a pris conscience de l’importance d’un staff médical. Il donne les moyens d’être efficace de suite. On ne chipote pas. C’est un homme de parole à l’ancienne. Cela vaut signature.”.

Vos coachs les plus appréciés de l’Olympic ?
C.D. ” Voilà mon top 5 sans préférence.
Mario Notaro pour sa longévité, son implication  et son bon sens.
Malbassa pour sa confiance en lui et sa discipline.
Dany Ost comme meneur d’hommes.
Xavier Robert. Il est entré dans la légende de l’Olympic à son premier essai avec notre épopée en coupe.
Même si ce n’est pas vraiment à l’Olympic, Fred Stilmant a participé,  à la nouvelle version du club via l’épopée de Châtelet et ses 3 montées d’avant-fusion”.

Un coup de sang ?
C.D.: “Ce n’est pas un coup de sang mais un appel à la jeunesse. Il y a un potentiel énorme dans le bassin de Charleroi. J’aimerais que les jeunes footballeurs carolos  se donnent la confiance, les moyens, le bon environnement, l’envie de travailler dur et la patience pour réussir. L’Olympic peut-être un club idéal pour des joueurs de talent. Cela passe par des sacrifices dans l’entraînement invisible, l’hygiène de vie et la croyance au tout est possible dès que l’on y croit et met l’énergie nécessaire. La “mindset”, comme disent les Anglais,est le fil rouge indispensable à la réussite”.

Kiné d’un club de foot. Métier ou passion?
C.D.: “Les deux. On se donne l’exigence et le devoir d’être le plus efficace possible.
Le travail, la concertation et l’ambiance au sein du staff sont des critères majeurs de la réussite collective. Le président, le directeur sportif et le coach accordent une importance majeure au staff médical.Avec Xavier Robert, on échange, chaque jour, sur les état de forme, les diagnostics. La remise en question est régulière. Il est passionné par son métier comme je le suis par le mien. Avec mon collègue et ami, Luc Mattot et Bruno Debast, on forme une véritable équipe.
Le job de kiné induit un rapport de confiance avec le joueur. On n’ a pas le droit de se mentir,  de se faire des cadeaux. On vit une relation humaine “100 % complice” avec l’objectif de transformer un problème (la blessure) en solution (la promesse de guérison)”.