L’Olympic dans l’ère moderne de la formation. Frank Mandiau: “Une vision élitiste et ludique à mixer”.

Il est le responsable technique de la formation de l’Olympic de Charleroi et l’ auteur d’une  “bible” qui synthétise, séance par séance,  le programme formatif des U6 au U23.

Frank Mandiau est la référence formative des Dogues mais pas que. 


“Un transmetteur permanent de savoir, loyal et bosseur. Une pointure de l’encadrement des jeunes en Belgique”.

Le compliment est de Bernard Gaspard, son directeur.

Suite à l’écran avec l’intéressé.

Frank, la stratégie de base de la formation Olympic est et restera innovante…
F.M. : “Elle s’articulera, en effet,  sur deux axes, à partir de la saison prochaine. Une approche “light” avec des entraînements bien encadrés qui favoriseront  le plaisir de jouer tout en donnant une bonne base technique, tactique et physique. On fera en sorte que chaque jeune qui aura fait ce choix, reste le plus longtemps possible au clubL’axe 2 se base sur l’élitisme avec des charges de travail et un nombre de séances beaucoup plus élevé. Le plan de formation “élite” apportera à celui qui en fera partie, le bagage du footballeur moderne: volume de courses, adaptation aux charges de travail élevées, intelligence vivace du jeu”.

Le foot de moderne a changé la donne…
F.M. :”De fait. Tout va plus vite dans le foot de maintenant. Le footballeur est un athlète en mouvement. A l’époque ancienne, il était possible de faire carrière avec une bonne petite technique. Ce n’est plus le cas. Tous les paramètres technique, tactique, physique  et vitesse de compréhension doivent être intégrés. Les nouvelles générations Y et Z ont aussi changé les codes de transmission du savoir. L’autorité absolue n’est plus la référence”.

Alors…
F.M. : “On s’adapte. On analyse avec eux, expose, fait comprendre pour obtenir l’adhésion sur les constats et le travail à faireNotre jeunesse a une capacité de compréhension élevée. Cette génération  “d’enfant-roi” a souvent ce qu’elle  veut sans faire trop d’effort. Au foot, il faut “switcher”. C’est l’effort d’apprendre, de s’entraîner dur et de manière constante qui induit le résultat”.

Votre collaboration avec Xavier Robert est plutôt complice
F.M. : Xavier s’est directement inscrit, avec modestie,  dans le processus. Ce n’est pas souvent le cas des T1. Il a validé notre méthode et y contribue. Elle passe notamment par la revalorisation du foot de rue. Exemple: le coach délègue à deux “capitaines”, le leadership d’une équipe. Un thème est imposé, les joueurs l’adaptent en s’organisant. Puis, on analyse ensemble. C’est une stratégie participative qui favorise, l’instinct, la responsabilité, la prise de décision et le co-coaching”.

Le jeune footballeur d’aujourd’hui, c’est de la “high tech”, en quelque sorte…
F.M. : “On peut dire cela comme cela. Le bon joueur d’avant était un bon maçon. Aujourd’hui, pour réussir à un haut niveau, il faut plus un profil d’architecte intégrant des compétences multiples”.

Sur le terrain, cela se traduit par…
F.M. : “On pousse les mécaniques de manière scientifique. Musculation ciblée à partir de 16 ans. Travail spécifique sur les thèmes de  vivacité, gain des duels, intégration de la corde à sauter dans les échauffements. C’est du classique et top pour la coordination, le cardio, la vivacité, la détente. On essaie, grâce aux compétences de notre PP,  Mr Dujacquier, d’amener un maximum de joueurs à la plus haute VMA. Aujourd’hui sans une VMA de 19-20, il est difficile de réussir dans le foot moderne. Fatalement, dans la programmation des séances, on est en version élite, à 3 (pour tous), 4 (U17), 5 (U19) et tous les jours pour les espoirs.”.

L’accompagnement est transversal…
F.M. : “La structure de gestion de la section jeune (coordination, staff technique, secrétariat, infrastructure, organisation d’événements, volet social) est performante. L’adhésion des parents au projet est importante. Ils revendiquent plus de droits de savoir qu’avant, s’estimant des clients. C’est légitime. On leur consacre le temps nécessaire de l’explication. Bernard Gaspard est naturellement formaté pour ce job: tout en sagesse, en prévention et dans l’anti-conflit. On va  à la solution par le plus court chemin””.

Votre finalité est d’amener le plus de jeunes formés au cru dans l’équipe 1.
F.M.: “Oui. C’est pour cela que l’on est motivé. Xavier Robert est de par son implication, son attention aux détails, précieux et dans l’esprit. Notre président, Patrick Remy “pro jeunes” et favorable à une identité carolo dans l’équipe 1. Bernard Gaspard est un “boosteur” de bonnes énergiesOn est focus sur les mêmes objectifs en y mettant les moyens humains, le travail et la patience nécessaires”.